Site Homosexualité  


 

 L’homophobie 

 

L’homophobie n’est pas le fait d’encourager l’hétérosexualité, ni de plaider que l’homosexualité reste un comportement minoritaire dans notre société, ni d’affirmer que l’on est en désaccord avec la pratique homosexuelle, pour des raisons d’ordre éthique ou religieux ; c’est le fait de détester (consciemment ou non) et d’exclure les personnes homosexuelles : l’on peut alors parler de racisme homosexuel. 

Qu'est-ce qu'un acte homophobe ? C'est refuser, dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité avérée ou supposée. C'est aussi : l'agression physique, écrite ou verbale, la diffamation, à l'égard de personnes, hommes ou femmes, au seul motif d'une homosexualité vraie ou supposée. C'est également l'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.  

 

D’où vient le mot « homophobie »?

           
Le mot homophobie est apparu dans les années 1960. C’est un psychologue américain, George Weinberg, qui semble être l’un des premiers à avoir utilisé le terme homophobie dans ses travaux en 1969. Il l’utilisera à nouveau dans « Society and the Healthy Homosexual », son livre publié en 1972. K.T. Smith, dans l’article « Homophobia : A Tentative Personality Profile » se servit aussi de ce mot en 1971. Les auteurs francophones aussi utilisèrent le terme homophobie rapidement. Voici comment Weinberg définissait l'homophobie en 1972 : « La peur des hétérosexuels d'être en présence d'homosexuels et le dégoût qu'ont les personnes homosexuelles d'elles-mêmes ».Plusieurs ont suggéré d'utiliser le terme hétérosexisme, mais l'usage a consacré le terme homophobie. Par extension, d'autres néologismes sont en train de voir le jour, tels la lesbophobie, qui se définit comme une aversion envers les lesbiennes et le lesbianisme, ainsi que la biphobie, une aversion envers les bisexuel(le)s et la bisexualité.

  En France, les principales références juridiques qui concernent la lutte contre l’homophobie sont les suivantes :

 

  • Aggravation des crimes et délits en raison de l’orientation sexuelle

 à Article 132-77 du Code Pénal (loi du 18 mars 2003) :

  « Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l’infraction est commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime. La circonstance aggravante est constituée lorsque l’infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, utilisation d’images ou d’objets ou actes de toute nature portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un

groupe de personnes dont fait partie la victime en raison de leur orientation sexuelle vraie ou supposée ».

 

  • Discrimination

  à Article 225-1 du Code Pénal

  « Toute distinction opérée entre les personnes physiques en raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur apparence physique ». Sont ainsi condamnables, lorsqu’ils ne sont pas motivés par des éléments objectifs :

- les refus de fourniture d’un bien ou d’un service,

- l’entrave à l’exercice normal d’une activité,

- le refus d’embauche, la sanction ou le licenciement.

 

à Article L. 122-45 du Code du Travail, modifié par la loi du 16 novembre 2001

  « Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement, ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire directe ou indirecte en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle ».

 

Cette page ci-dessus est un court extrait adapté du livre de Philippe Auzenet "PARLER DE L'HOMOSEXUALITÉ (Editions du Jubilé - Le Sarment) que l'on peut commander depuis ce site. Attention le texte fait l'objet d'un Copyright : droit d'auteur... toute reproduction est soumise à l'autorisation de l'éditeur.

 

France : Six mois de prison ferme pour les deux agresseurs d'Orléans

Les deux hommes accusés d'avoir passé à tabac un couple homosexuel en pleine journée, mi-avril à Orléans (lire Quotidien du 19 avril), ont été condamnés par le tribunal correctionnel de la ville à un an de prison, dont six mois ferme, ainsi que 3.000 euros de dommages-intérêts et frais de justice. Les victimes, David, 21 ans, et son compagnon Kevin, 18 ans, se tenaient par la main à un arrêt de bus, sur un boulevard d'Orléans, lorsque les agresseurs les ont insultés depuis leur voiture, avant de sortir les frapper violemment. «Juste avant, j'étais sur un nuage, raconte David à Têtu. On ne se rendait compte de rien autour de nous, jusqu'à ce qu'on nous lance une bouteille d'eau. J'ai été choqué qu'ils soient allés jusqu'à se garer pour venir nous frapper.» «Ce ne sont pas des hommes, ils méritent une bombe», avaient déclaré les agresseurs au commissariat au moment de leur confrontation quelques jours plus tard, grâce à une identification rapide. Ils ont proféré quatre fois des menaces de mort détournées: «On en a retrouvé plus d'un égorgé sur les bords de Loire» ou «Si personne n'était intervenu, on les aurait détruits.» Lors de leur procès très médiatisé, vendredi 12 mai, ils ont surtout cherché à nier le caractère homophobe de leur agression. Pour Denis Lefevre, président de l'association GAGL (Groupe action gay et lesbien) Loiret, qui s'était portée partie civile, cette condamnation «est un message fort à destination des agresseurs potentiels.» L'incident a d'ailleurs été le déclencheur de la cellule de crise contre les agressions (lire Quotidien du 24 avril 2006)

 

France : Création d'une cellule de crise contre l'homophobie

 

Après la survenue de plusieurs agressions homophobes, une cellule de crise vient d'être mise en place par les associations Sos homophobie, le SNEG, Act Up-Paris et le Groupe action gay et lesbien-Loiret (GAGL). «Le climat est de plus en plus violent, explique Jacques Lize, secrétaire adjoint de Sos Homophobie, les gens homophobes passent de plus en plus des paroles aux coups. Cette homophobie physique est symptomatique de la vague de recrudescence.» La cellule vise à informer et à lutter contre ces violences. Sos homophobie rapporte que le nombre de témoignages d'agressions physiques a été multiplié par 6 entre 2000 et 2004. «Les exemples récents de procès montrent d'autre part que les homophobes se sentent dans leur droit lorsqu'ils insultent ou frappent des homosexuels simplement parce qu'ils existent, déclare les associations dans leur communiqué. Loin de témoigner un repentir, la plupart semble convaincu que l'homosexualité est "inférieure à l'hétérosexualité", comme l'avait déclaré le député Christian Vanneste dans la presse, et se sent investi d'une mission pour nettoyer la France des homosexuels.» Les témoignages reçus par Sos homophobie en 2005 indiquent que ces agressions sont souvent le fait de mineurs ou de jeunes majeurs. Or, aucune action de sensibilisation réelle à la lutte contre l'homophobie n'est encore prévue dans les programmes de l'Éducation Nationale. Pour rejoindre ces associations:

associations@sos-homophobie.org     (24 avril 2006)

 

 

Une agression physique tous les trois jours : le constat de SOS homophobie.

«Le cassage de pédés reste une activité prisée»

par Charlotte ROTMAN  
(Quotidien - Libération : mercredi 17 mai 2006)

Cela débute par des remarques désagréables, puis viennent les insultes. Et les coups. L'an dernier, 131 personnes ont appelé l'association Sos homophobie pour se plaindre d'une agression physique. Soit une tous les trois jours. Cela représente 10 % des 1 212 appels ou courriers adressés à la ligne d'écoute. Depuis 2000, les témoignages d'agression physique recueillis par l'association ont été multipliés par six. «Le fil est mieux connu, davantage de témoignages affluent. Les gens refusent de plus en plus ce qui leur arrive», a analysé Flannan Obé, le président de l'association, en présentant hier son rapport annuel, à la veille de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie.

Ces violences interviennent à 49 % dans les lieux publics. Sylvie : enlacée avec sa copine, dans le métro de Lyon, elle se fait traiter de «gouinasse» par cinq jeunes femmes qui la frappent, ainsi que sa petite amie. Paul : il a été agressé dans un bois par huit jeunes, dont certains armés de bâtons. Les agresseurs disent qu'ils veulent faire «la police antipédé». Eric : il a été frappé sur la place principale d'un village de Gironde par deux garçons et une fille. «Le cassage de pédés reste une "activité" prisée par certains jeunes», note le rapport.

Ces violences s'exercent aussi dans d'autres lieux. Le voisinage : Pascal, qui vit en Seine-Saint-Denis, raconte le harcèlement dont il a été victime avec son ami (insultes, pneus crevés...). Certains pensent à déménager. Les lieux de travail ne sont pas épargnés : Frédéric, employé dans une boulangerie du Val-de-Marne, se fait régulièrement chercher par un collègue : «Pédale, je vais te choper avec mes potes.» Les familles ne sont pas forcément des havres de paix. Sonia s'est fait tabasser par le frère de sa petite amie. «Malgré les progrès réalisés en matière de loi, de visibilité et de tolérance, l'homophobie et les clichés ont la vie dure», souligne l'association. 

 

 

 

 

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